La lutte contre les discriminations et les inégalités de toute sorte est un défi complexe qui nécessite des efforts concertés de la part des gouvernements. Ce défi est d’autant plus pointu en ce qui concerne la mise sur pied des politiques migratoires qui, en elles-mêmes, constituent une préoccupation majeure pour les Gouvernements. Afin de lutter efficacement contre les discriminations liées au genre, outre les cadres législatifs internes des pays qui adressent déjà de façon singulière les questions migratoires, le cadre normatif communautaire qui a une portée supérieure aux règlements internes des pays devrait être plus pointu sur la question afin de protéger les minorités fragiles que sont les femmes et les jeunes filles.

Ph. Gaia Mattiello
Ph. Gaia Mattiello

La question des inégalités de genre dans l’espace UE

Dans les faits, l’Union européenne (UE) s’est engagée à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, en vertu du Traité sur l’Union Européenne. Le présent texte qualité l’égalité comme « l’absence de toute discrimination fondée sur le sexe ». En dépit de cette avancée, les inégalités de genre sont encore perceptibles dans l’UE. Ces inégalités se manifestent dans de nombreux domaines, notamment le marché du travail, la politique, la santé et la violence à l’égard des femmes. Quelques chiffres illustrent cette réalité. En 2022, les femmes représentaient 35,7 % des membres des conseils d’administration des entreprises cotées en bourse de l’UE. En outre, les femmes gagnent en moyenne 12,7 % de moins que les hommes pour un travail de même valeur. De plus, en matière politique, les femmes sont également sous-représentées. Elles représentaient 39,4 % des membres du Parlement européen et 27,7 % des ministres des gouvernements des États membres de l’UE en 2022. Les statistiques de la part des migrants dans ce triste tableau seront encore certainement plus alarmantes.

Progrès notables en matière d’égalité

Malgré les défis qui restent à relever, des progrès ont été réalisés en matière d’égalité de genre dans l’UE. Ces progrès sont notamment dus aux politiques mises en place par l’UE, comme la directive sur l’égalité de rémunération, la directive sur l’égalité des chances dans l’emploi et la directive sur la violence à l’égard des femmes. En conformité avec l’ODD5 de l’agenda 2030 des Nations-Unies, l’UE a par ailleurs réaffirmé son engagement en faveur de l’égalité de genre dans sa nouvelle stratégie pour l’égalité entre les hommes et les femmes, adoptée en 2021. Cette stratégie vise à atteindre une égalité pleine et entière entre les femmes et les hommes d’ici 2030.

Défis du genre dans les politiques migratoires

La dynamique devrait donc se poursuivre en ce qui concerne les politiques migratoires en intégrant l’aspect genre afin de lutter contre les discriminations. Le cadre normatif de l’UE en matière migratoire pourrait fixer les quotas avec les indicateurs genre sensible assez représentatifs pour les femmes et les jeunes filles. Cette contrainte réglementaire, accompagnée des mesures contraignantes pourrait être un catalyseur pour atténuer les disparités de genre au sein de la population des migrants.

La prise en compte du genre dans les politiques migratoires consiste à reconnaître que les femmes et les hommes migrant de différentes manières et rencontrent des défis et des opportunités différents. Cela signifie que les politiques migratoires doivent être conçues de manière à tenir compte de ces différences et à répondre aux besoins spécifiques des femmes et des hommes migrants.

La prise en compte du genre dans les politiques migratoires présente de nombreux avantages, au rang desquels :

En conclusion, la prise en compte du genre dans les politiques migratoires est essentielle pour garantir que les femmes et les hommes migrants bénéficient des mêmes droits et opportunités. En reconnaissant les différences entre les femmes et les hommes migrants, les politiques migratoires peuvent contribuer à réduire les inégalités, à protéger les femmes migrantes et à favoriser leur intégration. En travaillant ensemble, nous pouvons créer un monde plus juste et plus équitable pour ne « laisser personne pour compte ».

Benjamin BESSALA

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